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Brasserie de Bretagne. La nouvelle usine Britt construite à Concarneau (29)

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En l’absence de possibilité d’extension sur le site de Kerouel, à Trégunc (Finistère), la nouvelle usine Britt sera construite dans la zone de Colguen 2, à Concarneau (Finistère). Début des travaux cet automne.

« Le dossier du déménagement était posé sur la table quand je suis arrivé en août. Un mois et demi plus tard, ayant vu que le site actuel était trop limité, je suis retourné voir les actionnaires en disant : il faut qu’on le fasse », raconte Marc-Olivier Bernard, le nouveau PDG de la Brasserie de Bretagne, dont le siège se situe à Trégunc.

Et dont les ventes sont en progression de 10 % par an. En 2017, la production atteignait 47 500 hectolitres (pour 9 millions d’euros de chiffre d’affaires). Un petit calcul simple permet donc d’envisager un dépassement des 5 millions de litres l’année prochaine et le frôlement des 6 millions l’année suivante.

Or, le souvenir de l’année 2016 est encore dans les mémoires au sein de l’entreprise, quand elle n’avait pas pu faire face à la demande de tous ses clients. La rançon du succès. Et une leçon à tirer.

D’où l’idée de s’agrandir. Et pour Marc-Olivier Bernard, ça ne faisait aucun doute. Il était plus intéressant et plus simple d’envisager de construire du neuf que de réhabiliter les locaux actuels. D’autant que l’entreprise n’y est que locataire et qu’ils contiennent de l’amiante.

Pas question pour autant de quitter complètement le coin : « Pour garder les 45 salariés dans l’entreprise – et nous voulions les garder – il fallait rester local. » En l’absence d’opportunité à Trégunc, le regard s’est vite porté sur les communes voisines.

Et depuis août, de la bière a coulé… sous le pont du Minaouët. Le dernier conseil communautaire de 2017 de Concarneau Cornouaille agglomération (CCA), en décembre, a validé la vente d’une parcelle de 17 000 m2 de la zone de Colguen 2, en bordure de la départementale qui mène à la N165. À Concarneau, donc.

Un terrain sur lequel devraient être construits les nouveaux locaux de production, de stockage et la boutique. Le début des travaux de terrassement est prévu à l’automne 2018 et le montage de l’usine de fin 2018 jusqu’à l’été 2019.Ensuite, le temps de déménager 30 % de l’équipement actuel (et notamment la chaîne d’enfûtage toute neuve puisqu’elle date de 2017) et d’installer les 70 % d’équipement neuf, l’ouverture devrait se faire début 2020.

En parallèle, l’entreprise souhaiterait qu’une boîte de logistique s’installe sur la parcelle de 13 000 m2, située à l’est du futur lieu d’implantation. Mais à ce jour, rien n’est fait.

Et qui dit croissance et agrandissement, dit (le plus souvent) recrutement. Si le taux de croissance reste de 10 % « cela peut représenter entre deux et trois embauches par an en production, en préparation de commande, mais aussi au contrôle qualité, où nous pourrions passer de 1,5 équivalent temps plein à deux, voire trois… », estime le nouveau PDG.

Pas question toutefois d’attendre 2020 pour changer les habitudes. Pour garantir que les commandes seront bien honorées, la Brasserie de Bretagne va expérimenter une organisation en trois huit (au lieu de deux huit) de mi-janvier jusqu’à cet été, pour constituer le stock.

Les locaux actuels sur le site de Kerouel, à Trégunc, risquaient de devenir trop exigus pour faire face à la forte croissance de la Brasserie de Bretagne. D’où l’idée du projet, réalisé en partenariat avec Cecia Ingénierie, de déménagement dans la zone de Colguen 2, à Concarneau.

Un nouveau style à la tête de la brasserie

Marc-Olivier Bernard remplace, depuis six mois, François Quellec au poste de PDG de la Brasserie de Bretagne, qui commercialise les bières Britt et Sant-Erwann et les marques bio Dremmwel et Armen.

Âgé de 55 ans, il a fait toute sa carrière dans l’agroalimentaire. Sur son CV : Chancerelle, Kronenbourg, Mars ou Orangina. En 2014, il avait intégré la coopérative agricole Le Gouessant, à Lamballe (Côtes-d’Armor), où il était chargé des filières volaille et pomme de terre.

Contacté depuis par les actionnaires de la Brasserie de Bretagne, il a quitté veaux, vaches, cochons en août pour prendre les rênes de l’entreprise trégunoise, qui vend 85 % de sa production dans les quatre départements bretons et la Loire-Atlantique.

« J’ai trouvé le projet très intéressant. De nos jours, les secteurs qui sont en si forte croissance sont plutôt rares. Et les marques que nous commercialisons ont une bonne image, c’est valorisant. D’ailleurs, quel que soit le poste, nous n’avons pas de difficulté à recruter, car nous recevons beaucoup de candidatures spontanées. C’est un bon indicateur. »

« Et puis j’ai trouvé ici une équipe dynamique, se réjouit-il, qui aime ce qu’elle fait et motivée par l’amélioration des produits et par les changements à venir. »

Alors qu’importe s’il est, pour ainsi dire, le seul dans les bureaux à l’ambiance détendue à porter un costume : « Ça ne me dérange pas, et puis c’est aussi un gage de sérieux quand on représente l’entreprise à l’extérieur, auprès de la municipalité, de la communauté d’agglo ou des clients », estime-t-il.

Ce changement de style (et pas seulement vestimentaire), vers quelque chose de plus carré pour mener à bien les projets, était sans doute aussi ce qu’avaient en tête les propriétaires de la Brasserie de Bretagne quand ils ont décidé de faire appel à lui.

La suite sur:  Ouest-France