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Cook Angels entre dans le giron du groupe agroalimentaire Norac (75)

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Le groupe breton prend une participation majoritaire dans la start-up parisienne. La jeune pousse veut s’imposer sur la préparation et la livraison des kits repas à cuisiner soi-même.

La foodtech française bouillonne. Après le rachat de Quitoque par Carrefour et celui de FoodChéri par Sodexo , c’est au tour de Cook Angels de tomber dans l’escarcelle d’un groupe industriel. Le montant de cette prise de participation majoritaire n’est pas dévoilé, mais il est assorti d’un investissement de 2,2 millions d’euros de capitaux frais pour aider la start-up à poursuivre son développement. Ce qui permet à Elaia Partners et aux business angels de sortir de l’aventure.

Cette somme correspond à peu près à ce que les deux fondatrices de Cook Angels (Joy Solal et Charlotte Sieradzki) souhaitaient réunir lorsqu’elles se sont mises en quête d’une levée de fonds, il y a quelques mois : « Nous cherchions des investisseurs et nous avons rencontré à la fois des capital-risqueurs et des industriels, dont le groupe Norac, se rappelle Charlotte Sieradzki. Nous avons rapidement compris que nous partagions la même vision et la même ambition, et, d’un investissement potentiel nous avons débouché sur cette opération. »

Une opération qui n’entrave pas, elles l’assurent, leur contrôle opérationnel, mais qui leur offre une assise pour passer à l’étape industrielle. « Pour une foodtech, l’une des plus grosses difficultés est de passer de la phase artisanale à l’industrielle, explique Joy Solal. Il faut davantage automatiser les process et c’est un moment où l’on peut échouer très facilement. »

La promesse, pour le moment, est donc d’aider la jeune pousse à déployer son service de préparation et de livraison de kits repas « sains » à cuisiner soi-même, incluant des produits frais coupés et épluchés, et dont le modèle économique repose sur celui de l’abonnement. Les deux entrepreneuses revendiquent avoir livré plus de 500.000 repas depuis le lancement du service, en mars 2013, alors que ceux-ci étaient disponibles à la carte jusqu’en 2015. « Deux ans après les débuts de Cook Angels, nous avons introduit l’abonnement, qui s’est très rapidement imposé comme le mode privilégié par nos clients. »

Désormais, la start-up ne propose plus que cette formule à ses utilisateurs, dont 70 % sont situés en Ile-de-France, pour des tarifs qui évoluent de 32 euros, pour deux repas par semaine et pour deux personnes, à 96 euros pour trois repas pour quatre personnes. Difficile d’en déduire un chiffre d’affaires plausible, puisque ces commandes sont assorties d’options que l’on ne peut quantifier. En revanche, la concrétisation de ce rachat démontre l’intérêt croissant des industriels pour la foodtech au détriment des acteurs du capital-risque. Durant sa recherche de fonds, Charlotte Sieradzki avoue d’ailleurs avoir été confrontée à deux approches bien distinctes : « L’une consiste à croître très fortement, à se positionner sur un marché de masse, souvent en reléguant la qualité des produits et la rentabilité derrière la taille du chiffre d’affaires. Et puis une autre, dans laquelle nous nous inscrivons, qui est de croître de manière plus réfléchie, où la rétention client est plus facile et le panier moyen plus élevé. »

Reste que pour Cook Angels, le challenge d’imposer son modèle reste compliqué dans un univers où coexistent plusieurs start-up (Les Commis, Foodette…), mais dont aucune n’a pu s’imposer comme un leader incontesté, à l’image de Blue Apron, la pépite américaine entrée en Bourse en 2017, mais chahutée dès les premiers jours d’échange de son titre à cause du rachat de Whole Foods par Amazon. Le géant, qui fait office d’épouvantail dans le secteur, notamment depuis qu’il a annoncé le déploiement de son service de livraison de produits frais en France, pourrait déborder sur le marché de Cook Angels. « Nous pensons que l’arrivée d’Amazon Fresh en France va au contraire démocratiser les usages, assure Charlotte Sieradzki. Nous l’avons déjà vu avec Foodora et Deliveroo et notre créneau haut de gamme nous protège. »

Lire la suite: Les Echos